Par grand froid, ça réchauffe

Que retiendra la Haute-Marne de cette 4e semaine de l’année ? Qu’il a fait froid ? Même pas.

Nos âmes ont froid. Le thermomètre du moral a chu sous le seuil d’alerte. Notre époque s’avère à ce point troublée que de bien mauvaises langues ont évoqué abusivement le retour de la grippe aviaire en Haute-Marne. Rétablissons la vérité ; les poulets sont accusés à tort. C’est l’école de gendarmerie de Chaumont qui touchée par le virus, a développé un foyer de contamination. (JHM de mercredi 27 p. 2).

Toujours dans la plume, votre serviteur, plumitif laborieux astreint à chronique, assistait jeudi à Langres, dans le dessein de vous en rendre compte, à une séquence de travail de l’association Progrès du management (APM). Monsieur Malek Boukerchi venait évoquer avec quelques happy few patrons haut-marnais le thème du “voir le possible là où les autres voient l’impossible”.

Le type sait un peu de quoi il en retourne : il fait partie du cercle très fermé des ultra-marathoniens. Par exemple, il peut enchaîner par – 40 ° un marathon puis, dans la foulée, un cent kilomètres, le tout dans l’Antarctique pendant une tempête de neige. Bon, rien que ça, on se dit : il en a.

Il en a des connaissances ; car sa petite promenade dans l’enfer blanc n’est qu’un aimable prétexte pour nous parler de management. Du moins le devine-t-on dans un deuxième temps. Avec force humour et plus encore de savantes références (il a lu tous les grands penseurs de l’antiquité jusqu’à aujourd’hui) il nous démontre que le courage, la résilience, la bienveillance, la confiance restent des vertus indispensables pour avancer, pour progresser, pour surmonter.

Monsieur Malek Boukerchi (vous permettez que je vous donne ici du Malek ?) est éblouissant. Généreux aussi. À l’écoute surtout. Il nous parle de réaliser nos rêves. Quoi ? Du rêve en entreprise ? Qu’est-ce qu’il nous raconte ? Hein, il faudrait accueillir nos peurs ? Et puis quoi encore ! Coopérer entre nous en plus ?

À un moment, entre deux éclats de rire, il pose sa voix, se penche vers nous et cite «je vous fais don de ces quatre mots : JE CROIS EN VOUS ». Frissons. Mais rien à voir avec le froid. Rien. Les poils se dressent.

Pourquoi vous dis-je cela ? Parce que sans doute jamais je n’ai entendu un homme dire ainsi à notre territoire ce qu’il faut qu’il entende. JAMAIS.

Et après ?

Risquons une hypothèse, comme ça. En ces temps où tout va mal, où ceux qui prennent des décisions et ceux qui les commentent s’épuisent dans la colère, se perdent dans le renoncement, se trouverait-il une “entité” haut-marnaise (le Département, un territoire, une organisation, etc.) pour réinviter Malek ? Mais cette fois pas devant 20 personnes. Devant tous les élus, tous les chefs d’entreprise, tous les syndicalistes, tous les présidents, tous les enseignants, tous les journalistes. Aux Fuseaux, au Cosec, à Palestra. Où vous voulez. Mais en Haute-Marne. Parce qu’en fait, il n’a fait que cela, Malek, jeudi à Langres : nous parler de nous.

JHM du 31 janvier 2021

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