Le passeur

Que retiendra la Haute-Marne de cette 33e semaine de l’année ? Pas grand-chose sans doute à part les affres d’une météo chaudasse. En quête d’une accorte fraîcheur, je m’organisais mercredi un reportage opportuniste sous les sylvestres ombrages de la forêt d’Auberive. Officiellement, je travaillais.

Je ne sais pas vous, mais moi, lorsque j’erre d’un pas blasé en forêt, je vois… des arbres. C’est d’un commun, tous ces baliveaux semblables, vus depuis un sous-bois. Non ?

« Baliveaux ». Le mot a jailli du propos frugal, calibré, d’un grand type vêtu du vert réglementaire qui trahit la tenue des agents de l’ONF, astreints à la porter comme moi à rédiger cet articulet.

Je le dénonce : il s’appelle Jean-Jacques Boutteaux. Vous le décrire ? C’est un passeur. Un homme qui fait passer des choses aux aveugles, tels votre serviteur : des informations, des observations, des émotions, de la lumière nimbée de chlorophylle. Il n’assène jamais sa science ; il risque une hypothèse, il suggère. Il fait comprendre. Il rend meilleur. Il nous élève sans jamais s’élever. Lorsque l’on progresse sur le tapis bruissant des feuilles sèches, on place nos pas dans les siens. L’écouter enrichit et rassérène.

Venu d’ailleurs, Jean-Jacques Boutteaux a résolument choisi de demeurer en Haute-Marne, sa carrière dut-elle en pâtir. D’ailleurs…

Le Parc national de forêts prend ses marques. On compte déjà des professionnels de ce calibre sous les branches ! Quel bonheur.

Qu’il soit permis au plumitif laborieux de souhaiter à ses lecteurs adorés de rencontrer, cette semaine, un passeur. Peu importe le domaine. Vous le reconnaîtrez tout de suite.

JHM du 16 août 2020

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