Gloriole

Que retiendra la Haute-Marne de cette 7e semaine de l’année ? La page 2 de mercredi ? L’immédiate proximité de deux gros titres la rend réjouissante : “Nicolas Lacroix dans un deuxième fauteuil” jouxte “Violences avec un hachoir de boucher”. Je précise d’emblée aux esprits critiques que les deux sujets ne présentent a priori aucun rapport.

La rubrique tribunal nous apprend, je vous jure, que la défense de l’homme au hachoir «demande une expertise». Bon, certes.

Médicale ? Psychologique ? Psychiatrique ?

Nenni !

Une expertise… du hachoir !

On éprouve moins de peine à croire en la fulgurance du destin de Nicolas Lacroix. Qu’a-t-il besoin, notre patron commun, d’aller présider en plus la Communauté de communes Meuse Rognon? Puisse ce territoire ne jamais solliciter d’aide auprès du Conseil départemental. À la tête des deux, il aura bonne mine.

Qu’à la limite il brigue la présidence d’une société de chasse du côté de la forêt de la Crête… Mais là, on se pose des questions.

Sauf à conclure qu’il n’y a pas sur le territoire en question un seul élu LR avec du crédit et de larges épaules. Sont-ils tous nuls pour qu’il faille qu’il sacrifie sa personne ? À moins d’envisager d’autres ressorts, plus intimes ?

Loin de moi, cependant, l’idée de taper ici sur les élus. Plumitif laborieux astreint à les croiser depuis des décennies, j’en atteste : ils sont davantage courageux et altruistes que ceux qui ont découvert à l’âge de la retraite qu’il existait des problèmes de société. Qu’il existait tout simplement une société ; avec des vrais gens et des vrais frigos vides après le 15. Parfois même avant.

Revenons donc aux maires d’ici. À plusieurs reprises, j’en ai vu s’effondrer. J’en ai vu pleurer. J’en ai vu craquer. Toujours parce qu’ils aimaient leur prochain et avaient beaucoup donné, dans l’abnégation républicaine, pour améliorer le réel. Parfois sans autre témoin qu’un plumitif gêné, qui regardait ailleurs.

Il existe des élus ou d’autres qui aspirent à le redevenir, affamés de pouvoir et de gloriole ; mais après tout, c’est aux électeurs qui nourrissent leurs chimères de se poser des questions. Et il y a tous les autres, tellement nombreux, réellement altruistes, dont je salue ici l’engagement.

JHM du 17 février 2019

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